Menü X

Solidarité avec les grévistes de Grèce

Elus du parti DIE LINKE au Bundestag allemand et au Parlement Européen, responsables politiques en charge des questions de l’Europe et de l’économie, nous exprimons notre solidarité avec les grévistes à l’occasion de la grève générale en Grèce!

Nous sommes horrifiés par la campagne sans précédent menée contre la Grèce. La situation difficile du pays est utilisée pour réactiver les préjugés. Les citoyennes et citoyens de Grèce sont diffamés, traités de „menteurs statistiques“, et accusés de négligence politique. Non, ils n’ont pas vécu dans un prétendu « pays de cocagne » qu’il conviendrait de quitter maintenant. Mais la Grèce n’est pas la seule dans la ligne de mire des médias et des politiciens néolibéraux : avec la Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Espagne sont traités de « PIGS » (cochons), mot obtenu en reprenant les initiales des noms de ces pays (en allemand Spanien pour Espagne). Cette campagne est en contradiction avec les principes fondamentaux de la solidarité européenne. Politiciens et journalistes, qui par ailleurs ne cessent de pérorer sur une « Europe toujours plus unie » en appellent aux plus bas instincts humains et détruisent la confiance mutuelle, condition du vivre ensemble des peuples européens. Pendant la crise, le capital cherche des boucs émissaires qui pourraient devenir la cible de la colère de tous ceux qui en Europe sont menacés par la casse sociale. C’est ainsi que l’on entend couper l’herbe sous le pied à la critique anticapitaliste : en détournant le sujet.
Nous connaissons la situation difficile de la Grèce. Le niveau d’endettement du pays, à 12,7% pour 2009, est élevé. Ceci concerne aussi d’autres pays, comme la Grande Bretagne avec 12% et l’Espagne avec 10%. Les taux du Japon et des Etats Unis étaient aussi à deux chiffres en 2009. Partout, les cadeaux financiers aux banques, les programmes conjoncturels et les baisses d’impôts ont fait d’énormes trous dans les budgets. Les mêmes banques et les mêmes spéculateurs, qui hier ont été sauvés d’une faillite certaine grâce à l’aide des états, mettent la pression sur les états et sont autorisés à spéculer sur leur dos. C’est une perfidie et c’est en même temps un échec de la politique. La solidarité avec la Grèce et avec les autres victimes de ces manoeuvres ordonne de mettre fin aux agissements de ces profiteurs de la crise.
Nous constatons avec inquiétude que la situation compliquée de la Grèce est utilisée par les marchés financiers, par la commission européenne et par les gouvernements néolibéraux des capitales européennes pour imposer la casse sociale. Il leur faut affaiblir définitivement le mouvement des travailleurs grecs pour pouvoir imposer les réductions de salaire et l’augmentation de l’âge de la retraite. Des soi disant « réformes », que nous n’avons pas pu empêcher dans notre pays, sont en voie d’être maintenant imposées aux grecs.
En même temps, nous remarquons que rien n’est dit sur les énormes déséquilibres économiques à l’intérieur de la zone Euro. En fait, la Grèce n’est pas la seule à avoir des difficultés économiques. L’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie font face eux aussi à des balances de paiement dont le déficit est supérieur à la moyenne. D’un autre côté, les pays au coeur de l’Europe, et surtout l’Allemagne, champion des exportations durant de longues années, accumulent les excédents. Ces
déséquilibres doivent être résorbés. Il faut pour cela une politique macro-économique à l’échelle européenne, concertée. Les pays excédentaires doivent renforcer leur demande intérieure, et dans le même temps, les entreprises de ces mêmes pays doivent renoncer à la stratégie d’exportation agressive qu’ils pratiquent. Nous condamnons le refus que le gouvernement fédéral allemand oppose à ces exigences. Il prend ainsi le risque de faire éclater la zone Euro sous les tensions qui iront croissant.
Notre soutien au mouvement des travailleurs grecs se situe dans la tradition socialiste de la solidarité. Nous savons que leur lutte est aussi la nôtre, pour une vie supportable et digne. Il ne pourra y avoir un changement vers une autre Europe, meilleure, que si les salariés ne se laissent plus monter les uns contre les autres dans les différents pays d’Europe.

Signataires :
Membres du Parlement Européen
Lothar Bisky MdEP DIE LINKE, Président du groupe GUE/NGL
Cornelia Ernst MdEP DIE LINKE, GUE/NGL
Thomas Händel MdEP DIE LINKE, GUE/NGL
Jürgen Klute MdEP DIE LINKE, GUE/NGL
Sabine Lösing MdEP DIE LINKE, GUE/NGL
Helmut Scholz MdEP DIE LINKE, GUE/NGL
Sabine Wils MdEP DIE LINKE, GUE/NGL, dirigeante de la délégation DIE LINKE, GUE/NGL
Gabriele Zimmer MdEP DIE LINKE, GUE/NGL
Membres du Bundestag allemand:
Ulla Lötzer MdB DIE LINKE, porte parole de la fraction pour la politique économique Internationale et la globalisation
Eva Bulling-Schröter MdB DIE LINKE
Dr. Diether Dehm MdB DIE LINKE, porte parole de la fraction pour la politique européenne
Andrej Hunko MdB DIE LINKE
Harald Koch MdB DIE LINKE
Ralph Lenkert MdB DIE LINKE
Thomas Nord MdB DIE LINKE
Richard Pitterle MdB DIE LINKE
Michael Schlecht MdB DIE LINKE, chef économiste de la fraction
Prof. Dr. Herbert Schui MdB DIE LINKE
Sabine Stüber MdB DIE LINKE
Alexander Ulrich MdB DIE LINKE
Sahra Wagenknecht MdB DIE LINKE, porte parole de la fraction pour la politique économique

Konföderale Fraktion der Vereinten Europäischen Linken/Nordische Grüne Linke (GUE/NGL)